• Je fais actuellement un point sur ma vie et je n'ai donc pas le temps de bloguer.

    Merci de votre compréhension.


    votre commentaire
  • Auteur : Domique Dussidour
    Edition : Gallimard
    Pages: me souviens plus

    Ben non, c'était bien écrit mais je n'ai pas du tout aimé. On n'apprend rien, sinon que l'artiste était gravement perturbé sans être un demeuré.
    C'était ni une vraie biographie documentée ni une histoire romancée autour du peintre.

    Donc j'ai perdu mon temps. Je n'en retiendrai rien.

    Je vais le donner à Mme Poubelle ou à Monsieur Carton De Lacave. ça dépendra de mon humeur.


    votre commentaire
  • Hi tous,
    mon dernier article sur Edvard Munch me semblait un peu superficiel. Alors j'en fait un autre, un peu plus poussé. Il sera en trois parties étant donné la complexité du sujet.

    Sources :

    http://commentairesimages.free.fr/index.php?p=le_cri_tableau
    http://www.batou.fr/2010/03/09/edvard-munch-et-son-rapport-aux-femmes/
    http://jeancletmartin.blog.fr/2007/12/03/edvard_munch~3387345/

    %%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%

    Edvard Munch (1863-1944) est un peintre norvégien qui a connu à la fois un vif succès pour son travail et à la fois un rejet complet de la société bien pensante. Ses œuvres souvent décriées comme scandaleuses de par leur thématique ont pourtant fixé quelques uns des canons du courant expressionniste.

    Son tableau le plus connu est Le cri, peint en 1893. Le père de Munch est mort en 1890. À partir de cette date la peinture de Munch a été très mélancolique et trois ans après Edvard était encore très perturbé. "Le cri" est souvent associé à un deuil pas tout à fait terminé.

    Le cri, Munch, 1893

    L'artiste a lui-même associé une note à son tableau :

    "J'étais en train de marcher le long de la route avec deux amis - le soleil se couchait - soudain le ciel devint rouge sang – j'ai fait une pause, me sentant épuisé, et me suis appuyé contre la grille - il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et de la ville - mes amis ont continué à marcher, et je suis resté là tremblant d'anxiété - et j'ai entendu un cri infini déchirer la Nature"

    Analyse du tableau :

    Partie basse : 

    • Les traits rectilignes que forment la barrière et le sol du pont sont à l'origine d'un point de fuite.
    • Celui-ci associé à la grosse bande verticale le long du tableau à droite nous donne le sens de lecture de l'œuvre : de droite à gauche.
    • À l'extrémité gauche du point de fuite, on aperçoit deux ombres représentant des personnes qui semblent s'éloigner du personnage central. On retrouve dans cette partie des couleurs rougeâtres assez sombres.

    Partie haute :

    • Le ciel, contrairement à la partie précédente, est extrêmement sinueux ; les courbes sont horizontales. En le regardant on comprend aisément l'expression «  langues de feu » que l'artiste a employé.

    Partie centrale :

    • Elle illustre le fjord. À droite, un précipice et au fond les montagnes. Cette partie, comme la précédente, est extrêmement sinueuse mais ici les courbes sont verticales et nous donnent une impression de vertige. Elle crée un contraste de couleur entre le bleu sombre du fjord qui vient choquer contre le rouge ardent du ciel qui est appuyé par l'alternance des courbes.

    On remarque que les couleurs du ciel et de la terre sont inversées comme pour troubler le spectateur. Aucune partie de ce tableau n'est complètement claire et nette, on a l'impression qu'un flou est présent sur toute l'image. Autant les personnages au loin que les bateaux, le village ou même que le personnage central du premier plan. L'artiste étant atteint d'une hémorragie du vitré (maladie affectant les yeux), il est possible que cette vue trouble ait inspiré le tableau.

    La note associée à l'œuvre nous éclaire sur les éléments de ce tableau : la Nature pousse un cri d'où la déformation de tous les éléments naturels sous l'effet sa voix. Le ciel rouge, ondulant et infernal, est la manifestation d'une horreur se produisant, ce cri est un avertissement. Les deux personnages au fond semblent l'ignorer mais le personnage central est assourdi, écrasé : il se cache les oreilles pour se protéger de la douleur.

    Le personnage central auquel s'associe le peintre ressemble à un cadavre. Son corps semble onduler  et flotter dans les airs comme celui d'un fantôme. Sa tête, dépourvue de cheveux et les yeux creux semble être celle d'un squelette. Sa bouche est ouverte comme pour crier elle-aussi. Le cri de la nature serait aussi celui du personnage, du peintre. Ce cri montrerait sa peur de la maladie et de la mort et par la même occasion de sa solitude d'où l'éloignement par rapport aux autres personnages. On ne peut que rapprocher cette interprétation d'une déclaration même du peintre : .... L'œuvre même serait donc un cri, un appel au secours du peintre. (Je viens de trouver le terme exacte : c'est une œuvre performatrice : elle fait ce qu'elle montre).

    Enfin, l'œuvre ne relève ni du symbole ni de l'icône mais de l'indice. L'angoisse n'est pas représenté ni suggéré, elle est juste présente dans la façon de déformer le paysage. Les nœuds de couleur, les traits déformées, le suivi des veines du bois, des nervures. C'est la nature elle-même qui place l'angoisse dans l'œuvre.

    Note : normalement, la peinture sur bois se fait sur un support patiemment travaillé, lissé qui lui fait perdre toutes ses imperfections : nervures et veines. Munch au contraire, les mets en valeur, les fait parler.

    Ce tableau peut être comparé à deux autres de Munch :

    Jeune femme pleurant (je n'ai pas trouvé le titre)

    Jeune femme pleurant

    Le style est différent, ce n'est plus le flou général qui marque l'œuvre mais les gros traits de pinceaux délimitant le corps de la femme et le lit. Ceci dit, la thématique est la même : la douleur mais côté féminin cette fois. Cette douleur est plus chagrin et désespoir qu'angoisse. C'est la douleur face à la perte d'un amour alors que le cri est angoisse face à l'existence, sentiment populairement plus facilement attribué aux hommes.

    Portrait de Nietzsche :

    Jeune femme pleurant

    Cette fois, on retrouve un style semblable : les mêmes couleurs criardes, le ciel représenté par des langues de feu, le paysage sinueux. Mais ce n'est plus un cri qui est représenté : c'est la résignation. Il est trop tard : Nieztsche accepte le fardeau de l'angoisse de l'existence. Alors que le personnage du cri s'éloignait des gens, ici, Nietzsche est orienté de telle sorte qu'il retourne vers la population.


    votre commentaire
  • Edvard Munch a peint "le cri" et cela suffit à qui a vu le tableau pour imaginer le talent du peintre pour faire passer des émotions à travers ses œuvres.

    Edvard Munch (1863-1944) est un peintre expressioniste norvégien. Il a subi très tôt la perte d'êtres aimés : sa mère, sa grande sœur de la tuberculose. Une de ses sœurs a souffert de "dépression". Un de ses frères mourra peu après son mariage. Il a aussi connu la montée du nazisme duquel il se tiendra le plus éloigné possible.

    Ce sont sans doute ces épreuves qui font que sa peinture apparaît comme celle de quelqu'un de tourmenté malgré l'apparence de neutralité de certains sujets. C'est parfois juste une ombre étrange au milieu d'un portrait ou une couleur qui se détache des autres qui ajoute une impression de malaise sur ses œuvres.

    La vision qu'il a de la vie, avec la mort toute proche, marque ses tableaux d'une inquiétude, d'un soupçon de terrible. Chacun est ainsi porteur de sens, aucun n'est uniquement décoratif. Son style même est significatif. Il n'hésite pas à martyriser ses œuvres en les laissant aux intempéries.

    Il est reconnu comme un maître de l'expressionisme. Par exemple, à cause des ruptures de style présentent dans chacun de ses tableaux.

    Une autre description d'Edvard Munch.

    Recueil d'images :
    site de "photosmarval"
    d'où j'ai récupéré "la madone"

    Edvard Munch - La Madone

    Deux versions d'un même sujet trouvé sur le site de l'idixa : (sûrement un site intéressant sur le sujet aussi) :

    • Edvard Munch - La Voix, Nuit d'été - huile d'Oslo (1893)
    • Edvard Munch - La Voix, Nuit d'été - gravure sur bois horizontale (1896)

    Edvard Munch - La Voix, Nuit d'été - huile d'Oslo (1893)

    Edvard Munch - La Voix, Nuit d'été - gravure sur bois horizontale (1896)

    La différence de traitement d'un même sujet traduit bien les facettes de Munch et surtout le fait qu'il n'hésite pas à évoluer sur sa façon de traiter les sujets. Par exemple, dans l'exposition à la Pinacothèque de Paris, il y avait trois versions de la gravure de "La Madone" en plus de celle que j'ai présenté dans cet article.

    Pour conclure, l'exposition sur Edvard Munch à la pinacothèque de Paris était très bien, très complète et très moderne puisqu'il y avait une application "iphone" pour la description plus complète de certains tableaux : très pratique.

    J'espère que vous l'avez vu, elle se terminait dimanche dernier (le 8 août) !


    votre commentaire
  • Auteur : Klaus Mann
    Edition : Points
    Pages : ~450
    Préface de Michel Crépu

     

    Contre la barbarie

     

    Wouaaa,

    Klaus Mann, c'est un écrivain allemand qui a eu le courage d'assumer ses opinions pendant l'Allemagne nazi. Il a dénoncé le fascisme avant 1933, émigré à partir de l'élection de Hitler comme chancelier, puis a rejoint les Etats-Unis. Il est devenu citoyen américain et a participé aux combats de la seconde guerre mondiale.

    Durant tout ce parcours, il a écrit de nombreux essais et articles. Un certain nombre sont dans ce livre.

    Ce que j'ai aimé : la dénonciation ferme de tout ce qui peut amener l'esprit à  accepter le nazisme ou tout régime du même genre. La volonté de participer à la création d'un monde meilleur et la légère nostalgie face à l'incroyable gâchis qu'a représenté la seconde guerre mondiale.

    Le premier extrait est issu de la préface de Michel Crépu :

    "Autant aller directement à l'essentiel : cette lettre de Klaus Mann adressée à Stefan Zweig en octobre 1930, juste après le succès électoral des nazis au Reichstag, succès étourdissant, jugé par Zweig dans un article comme un signal de la jeunesse "contre les lenteurs de la haute politique". Zweig trouve "naturelle" cette révolte des jeunes ; ce ne serait que pour ses propres goûts personnels, il n'y mettrait bien sûr pas le petit doigt, mais il est d'humeur compréhensive. Les jeunes ...
    La réponse de Klaus Mann à l'illustre auteur est cinglante : "Tout ce que fait la jeunesse ne nous montre pas la voie de l'avenir. Moi qui dis cela, je suis jeune moi-même. La plupart des gens de mon âge - ou des gens encore plus jeunes - ont fait, avec l'enthousiasme qui devrait être réservé au progrès, le choix de la régression. C'est une chose que nous ne pouvons sous aucun prétexte approuver. Sous aucun prétexte."
    "

    Culture et liberté, (San Francisco, 13 janvier 1938)

    "Les tyrans d'autrefois n'étaient certainement pas meilleurs que les nôtres : certains devaient être au moins aussi effroyables uqe ceux que nous connaissons aujourd'hui. Pourtant, il n'y a peut-être encore jamais eu de tyrannie aussi intégrale que celle de nos "Etats totalitaires". Et ce pour la simple raison que les despotes, les autocrates des siècles précédents n'avaient pas à leur disposition la technique dont nos dictateurs usent avec tant de maîtrise. La terreur et la propagande, la censure, la surveillance généralisée n'étaient alors ni plus faibles, ni moins scandaleuses qu'elles ne le sont actuellement, mais elles étaient moins bien organisées. Qu'il soit possible aux dictateurs d'aujourd'hui de mettre tous les moyens et outils techniques, toutes les réalisations d'une époque avancée et hautement civilisée au service de dogmes d'un atavisme réactionnaire, hostiles au progrès, hostiles à la civilisation, voilà qui fait du fascisme une forme de despotisme plus grave et plus pesante que toute forme antérieure. C'est justement cet écart criant entre la modernité de ses moyens et le caractère sinistrement rétrograde de ses doctrines qui lui donne une dimension contre-nature et absolument détestable. Le fanatique et le tyran pouvaient convenir à des formes sociales précoces, non-évoluées. Le tyran fanatique qui diffuse ses vociférations démagogiques par le biais de la radio et traverse la porte de la victoire dasn une Mercedes ultra-moderne est tou bonnement un anachronisme."

    Enfin, je recommande la lecture de l'article Hitler est mort. (publié pour la première fois en anglais sous le titre "Death Meant Escape From Outraged World For Hitler" dans The Stars and Stripes, Rome, 6 mai 1945 ; cet épisode figure également dans l'autobiographie de Klaus Mann Le Tournant). Klaus Mann y décrit son désespoir dans les années 30 de voir le public allemand acclamer le minable inculte qu'était Hitler.

    " Sa voix avait un son rauque désagréable ; il parlait allemand avec l'accent affecté du provincial autrichien qui se veut "cultivé" ; ce qu'il disait n'avait aucun sens. Hurlant et gesticulant comme s'il vivait dans un état de rage permanent, il n'arrêtait pas de proférer d'absurdes accusations, toujours les mêmes, contre certaines nations, contre des groupes religieux, des partis politiques et des gouvernements étrnagers. Le noyau dur de cette pompeuse harangue consistait en une double affirmation, à savoir que l'Allemagne n'avait en réalité pas perdu la guerre mais avait été privée de sa victoire à cause de traîtres qui avaient intrigué contre elle, et que lui, l'orateur, avait été élu par la Providence pour rétablir la grandeur et la gloire de sa patrie. C'était un spectacle affligeant.
         La seule chose remarquable dans tout cela était la réaction du public. On le prenait au sérieux. On applaudissait. Etaient-ils tous fous ou sous hypnose ? Une malédiction s'était-elle abattue sur eux pour les priver de leur sens critique et de leur raison au point de leur faire acclamer un magma aussi écœurant de rodomontades et d'inepties ? Etaient-ils possible qu'ils croient ses grotesques promesses et ses monstrueux mensonges ?"


    votre commentaire